Compte rendu de l’audience auprès de la Dgesco, 17 mars 2026
1. Contexte
Les représentants du groupe chargé de la révision du programme (GRP) de sciences et technologie – cycles 2 et 3 ont rappelé le cadre de la révision :
- lettre de saisine du ministre auprès du CSP mars 2024 publication des projets de programmes : juillet 2025 relecture en cours depuis le 9 février 2026
Ils ont déjà consulté les organisations syndicales et les sociétés savantes ; la rencontre du 17 mars concernait les associations de personnels.
Les axes retenus pour la révision :
- favoriser la progressivité et une rédaction spiralaire ; expliciter les objectifs d’apprentissage et illustrer les programmes par des exemples de réussite ; intégrer l’EDD, les compétences psychosociales et la pensée informatique ; fonder l’ensemble sur le développement de la culture scientifique générale, de la démarche scientifique et des compétences responsables.
2. Observations générales sur les projets de programmes
Nous avons salué : le découpage clair par niveau ; l’effort de précision rédactionnelle ; les exemples de réussite qui balisent utilement les attentes.
Les autres associations ont partagé ces points positifs, tout en déplorant un affaiblissement de l’approche pluridisciplinaire, pourtant essentielle dans le premier degré.
Les représentants de la technologie ont relevé des incohérences de préambule entre cycles 2 et 3, certains paragraphes étant présents dans un document mais absents de l’autre, et il a été décidé de les harmoniser.
Nous avons insisté sur la nécessité d’évoquer les travaux pratiques (TP) dans le préambule. Les représentants institutionnels ont rappelé que la notion de TP n’existait pas formellement à l’école primaire. Nous avons souligné son importance comme levier pour instaurer des conditions favorables à la démarche expérimentale, en particulier en 6e. Cette mention sera ajoutée dans le paragraphe dédié.
Nous avons également formulé la demande de disposer d’un programme unique qui explicite clairement les liens avec les différents textes complémentaires (EVARS, EMI, EDD, CRCN, etc.), afin de faciliter le travail de terrain des collègues. Les membres du GRP nous ayant indiqué avoir déjà réalisé ce travail de mise en cohérence en interne, nous avons souhaité qu’il soit formalisé dans le texte même du programme, par des références explicites à ces cadres.
Dans un premier temps, il nous a été répondu que le programme EVARS était déjà fortement connoté SVT et qu’il serait préférable d’éviter de renforcer cette association. Nous avons précisé que notre demande portait au contraire sur l’ensemble des programmes, afin que chaque discipline (par exemple la philosophie) puisse voir mentionnée, dans son propre programme, la possibilité de travailler en lien avec EVARS et les autres dispositifs, contribuant ainsi à une meilleure connaissance croisée de ces référentiels par toutes les disciplines.
Nous avons interrogé l’administration sur le nouveau socle commun de connaissances, de compétences et de culture qui, à ce jour, n’est pas encore publié, alors même qu’il définit les attendus de fin de cycle. Cette absence de texte de référence complique le travail des collègues pour renseigner dans le LSU les attendus de fin de cycle, en particulier dans le contexte de la mise en place des nouveaux programmes.
3. Points de contenu disciplinaire
Le programme a été jugé ambitieux, notamment en cycle 3. Des demandes d’allègement ont été formulées, surtout en physique-chimie. Sur la notion d’énergie, un débat a opposé les professeurs de technologie (favorables à son maintien) et ceux de physique-chimie (favorables à son retrait).
Les associations de technologie ont signalé :
- l’absence quasi totale de la technologie dans le programme, y compris en 6e ;
- l’ambition élevée du volet numérique, alors que de nombreux élèves arrivent sans maîtrise d’outils de base (clavier, souris…), ce qui complique l’usage des ENT ;
- des problèmes de cohérence avec le cadre d’usage de l’IA en éducation.
Nous avons rappelé, de notre côté, l’existence des parcours Pix 1D et proposé de renforcer la cohérence avec ces dispositifs. Plusieurs incohérences de formulation ou de mise en forme ont été relevées en technologie.
En physique-chimie, la question de la matérialité et de l’absence de quotients dans les grandeurs (ex. vitesse) a été soulevée. En SVT, nous avons apprécié l’introduction de la notion de cerveau et regretté l’absence de celle de planète habitable.
Les rédacteurs ont expliqué qu’elle avait été réservée au cycle 4, au profit d’un recentrage sur la météo et le climat dès le cycle 3. Nous avons salué la présence conjointe de la météo et du climat régional.
Enfin, la représentante de l’UdPPC a suggéré un découpage horaire clair : 1h30 pour les SPC et 1h30 pour les SVT. Nous nous y sommes opposés, soulignant la complémentarité disciplinaire des contenus et exprimant une préférence pour un volume de 2h de SVT et 1h de SPC, du fait de leurs poids relatifs dans les programmes.
Les représentants de la technologie ont, dès le début, évoqué la prééminence des SVT dans le texte et se sont interrogés sur l’influence de la composition du groupe de travail. Il leur a été répondu que la collaboration avec les inspecteurs généraux de technologie s’était déroulée en bonne intelligence.
4. Accompagnement des enseignants
Nous avons insisté d’emblée sur la nécessité d’un accompagnement solide des professeurs des écoles (PE), compte tenu de l’ambition du programme et de l’échec du précédent plan sciences. Nous avons salué la qualité des ressources d’accompagnement d’Eduscol, mais signalé leur sous-utilisation. Les représentants institutionnels ont demandé comment mieux les valoriser. Suite à une mise au point sur la polyvalence et la professionnalité des PE, nous avons été entendus sur le besoin d’un accompagnement spécifique concernant les volcans et les séismes, afin d’éviter des représentations erronées. Une ressource spécifique sera produite.
Concernant la formation initiale, il nous a été indiqué qu’une lettre de cadrage nationale existait, mais que sa mise en œuvre relevait des INSPÉ, sous la supervision du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Nous avons rappelé l’importance d’une formation continue et de ressources bien diffusées pour assurer l’appropriation des programmes.
5. Calendrier de mise en œuvre
Le calendrier envisagé (non définitivement validé) serait :
- rentrée 2026 : mise en œuvre en CM1 ;
- rentrée 2027 : extension aux CM2 et 6e.
Représentants de l’APBG présents :
- Gilbert FAURY
- Perrine DOUHERET
Participants institutionnels :
- Sophie PONS, cheffe du bureau des contenus pédagogiques et des langues à la Dgesco, inspectrice d’académie
- Caroline MOREAU-FAUVARQUE, inspectrice générale de l’Éducation, du Sport et de la Recherche, collège d’expertise disciplinaire et pédagogique en sciences et technologies du vivant, de la santé et de la Terre, mission enseignement primaire, pilote du groupe de révision
- Joseph SEGARRA, inspecteur général de l’Éducation, du Sport et de la Recherche, collège d’expertise disciplinaire et pédagogique en sciences et technologies du vivant, de la santé et de la Terre
- Cécile CATHALA, chargée d’études mathématiques physique-chimie, bureau des programmes et ressources pédagogiques Dgesco
- Céline SAGORIN, chargée d’études premier degré bureau des programmes et ressources pédagogiques Dgesco
- Rénald ESTAVOYER, chargé d’études en SVT bureau des programmes et ressources pédagogiques Dgesco
En visioconférence :
- Delphine PLOUCHARD, Présidente de l’Association Nationale des Conseillers Pédagogiques et autres formateurs (ANCP-AF), conseillère pédagogique départementale LV-Indre et Loire (37)
- Olivier ROBIN, Consultation du répertoire national des certifications professionnelles (RNCP)
- Xavier HERBAUX et Johan FEUFFER (PAGESTEC)
- Fabrice LE STER et (ASSETEC)
- Cécile DUSSINE, représentante du groupe collège UdPPC
